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Auschwitz, Hiroshima, Nagasaki… : 60 ans déjà - 8 août 2005

La libération des camps a donné lieu à de nombreuses commémorations. Rien de tel quant aux méfaits de l’atome

(Communiqué du 8 août 2005)

Déjà 60 ans ! C’est l’ultime chance pour que les survivants parlent, tentent de dire l’indicible, de faire comprendre l’incompréhensible, de faire sentir et partager une horreur unique et dévastatrice, d’alerter l’espèce humaine sur sa capacité de suicide. Mais là s’arrête la comparaison ! La libération des camps a donné lieu à de nombreuses manifestations et commémorations. Le devoir de souvenir a été heureusement rappelé à tous car les survivants ne seront plus là dans 10 ans et certains ont enfin pu parler et des faits jamais évoqués ont émergé. La région a participé en envoyant une délégation à Auschwitz.

Silence sur la bombe
Rien de tel pour les bombes atomiques. Il est vrai que l’acte de barbarie a été commis par les vainqueurs, lesquels écrivent l’histoire. Aujourd’hui encore, les Américains considèrent qu’ils ont eu raison, que ces bombes ont permis d’arrêter la guerre plus vite, d’économiser des vies… des vies de soldats américains en comparaison desquelles les centaines de milliers de morts civils, femmes et enfants compris, ne comptent pas puisqu’ils étaient japonais. Pas le moindre début de réflexion sur ce passé vu exclusivement comme un succès de la science et un gage de la puissance américaine dans une guerre froide naissante. Et le 8 août, entre la bombe de Hiroshima et celle de Nagasaki, l’URSS déclarait la guerre au Japon !

Silence sur le nucléaire
D’une certaine manière, ce silence dure depuis 60 ans. Dès le mois de septembre 1945, un des meilleurs journalistes américains, George Weller, partait en reportage à Nagasaki. Ses 4 articles, censurés par l’armée américaine, viennent seulement de paraître dans un journal japonais). La bombe française s’est construite dans un silence renforcé par le « secret défense ». Et comme le nucléaire civil ne peut se séparer du militaire puisque les réacteurs civils produisent le plutonium qui sert à la bombe, le silence s’étend à tout le nucléaire.

Silence sur Tchernobyl
Alors, pourquoi s’étonner quand, 41 ans plus tard, la même chape de plomb tombera sur tout ce qui touche à Tchernobyl.

  • Au point qu’un laboratoire privé va se créer en France, la CRIIRAD, pour tenter de soulever le voile et de faire un peu de lumière.
  • Au point que les études sur les liquidateurs, soldats de toute l’URSS obligés de nettoyer la centrale, puis les alentours, des mois durant, n’ont pas été faites dans les délais, et aujourd’hui beaucoup d’entre eux sont morts.
  • Au point que nul ne vient en aide au pays le plus touché par les retombées de Tchernobyl, la Biélorussie, alors que des équipes scientifiques européennes y poursuivent des « recherches » sur les effets sur la population des retombées radioactives, mais aussi d’une alimentation contaminée depuis 20 ans.
  • Au point que le Président de la Biélorussie a mis en prison pour 8 ans, après un simulacre de procès digne des procès de Moscou, le professeur Bandajevski, ancien recteur de l’université de médecine de Gomel, l’un des deux seuls scientifiques de ce pays qui tentait d’étudier l’impact sanitaire des retombées sur les populations d’enfants.

Il vient enfin d’être libéré après des années de prison.

Maryse Arditi
Vice-Présidente de la région Languedoc-Roussillon
Présidente du groupe Verts au Conseil Régional

Soutenir Bandajevski La CRIIRAD a lancé une initiative pour construire un laboratoire à Minsk afin qu’il puisse poursuivre ses recherches. Le tiers des fonds est déjà recueilli. Si vous souhaitez aider à cette démarche, toutes les informations sont sur le site de la CRIIRAD
 

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