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Actualités et agenda
Budget primitif 2007 - Décembre 2006

Le budget que nous allons voter ce jour est d’importance puisqu’il va -à mi mandat- valider des politiques qui atteignent désormais une vitesse de croisière et que le contrat de projets, signé il y a 3 jours, conforte amplement.
Les transferts de compétence de l’Etat : ports, AFPA, aéroports, sans compter le bon milliers de TOS et l’ouverture de 2 lycées nouveaux, génèrent en grande partie les 13,4% d’augmentation des dépenses évaluées à 962 M€ pour 2007.
Dépenser dans l’intérêt de tous, c’est bien le sens des politiques que nous menons, comme c’était le sens de la liste Union Toute, qui a porté notre majorité de gauche aux commandes d’une Région laissée en déshérence par la droite et l’extrême droite.
On ne reviendra pas sur la TIPP, que nous avons votée, sauf à rappeler que les Verts souhaitent la diminution de la consommation de carburants, ce qui signifiera une diminution des ressources financières de la Région.
Pour l’essentiel, après 2 années d’exercice comptables, les engagements sont presque tenus. La hausse conséquente du budget régional ne traduit pas seulement les nouvelles charges décentralisées, mais bien l’affirmation et le renforcement d’orientations clairement définies.
Vous me permettrez ici, au nom du groupe Verts de relever certaines d’entre elles, dont nous avons lieu d’être satisfaits.
En premier lieu, je parlerai de l’agriculture biologique : notre région est la 2° de France par sa surface consacrée à l’AB. Le budget 2007 confirme le soutien apporté à cette agriculture qui, seule, préserve l’environnement, garantit la qualité des produits et par conséquent la santé, notre santé à tous. A cet égard, nous nous réjouissons que, comme nous l’avions demandé, le Conseil Régional propose aujourd’hui de prendre en charge une partie des frais de certification (de 250 à 500 €), jusque là à la seule charge des exploitants.
Mais nous attendons avec impatience une généralisation des repas bio dans les lycées, encore trop lente à notre goût, et qui contribuerait à la fois à la santé de nos enfants, à la sensibilisation des personnels, et au développement de la filière toute entière en Languedoc-Roussillon.
Pour ce qui est de l’Economie Solidaire et Sociale, son budget double pour atteindre 2 M€. L’ESS est désormais réellement reconnue comme un pan à part entière de l’économie régionale, qui plus est doté d’un fort potentiel de croissance et de création d’emplois.
En matière de développement durable et d’environnement, la Région Languedoc-Roussillon s’affirme comme la première de France quant aux projets sur les énergies renouvelables. Je n’oublie pas le programme sur la biodiversité, et nous nous félicitons de la participation exceptionnelle de la Région au côté du Conservatoire du littoral, pour l’acquisition de plus de mille ha aux Salins du midi, alors que les risques de spéculation foncière sont considérables sur ce territoire. Enfin -enfin ! dirais-je- le lancement de l’agenda 21 ! Tant attendu, il devrait faire à terme de notre région une région exemplaire du développement durable.
Sur un autre plan, en matière de Formation Professionnelle, je soulignerai, avec force et intérêt, l’entrée anticipée de l’AFPA dans le giron régional, qui va nous permettre de poursuivre et développer les formations adaptées aux spécificités de notre territoire, de ses habitants et de ses entreprises. Sans oublier la mise en place des "écoles de la deuxième chance" qui constitueront une réponse adaptée et concrète aux jeunes en grande difficulté.
Nous notons aussi que pour la première fois après 3 ans, la délégation aux "Droits des femmes" bénéficiera d’une ligne de crédits. Permettez-nous, Messieurs, de nous en féliciter ! En revanche, si l’on peut et doit se féliciter de la création de la "Délégation à l’antiracisme", nous n’en déplorons pas moins les conditions qui l’ont vue naître…
Un gros regret tout de même : l’absence de ligne budgétaire sur la "Coopération décentralisée", pour laquelle la Région reste toujours étrangement inactive.
J’ajouterai que dans tous ces domaines particulièrement chers au cœur des Verts, les progrès accomplis ne se jugent pas seulement aux montants financiers -certes importants !- qui y sont aujourd’hui consacrés. Ils se mesurent aussi à l’aune de la confiance restaurée et de l’élan insufflé aux acteurs de terrain concernés, femmes et hommes du Languedoc Roussillon. A cet égard, nous les Verts, nous pensons pouvoir porter à notre crédit de vraies réussites.
Certes tout n’est pas "pour le mieux dans … la meilleure des majorités possibles".
L’union fait la force, mais elle ne saurait gommer les différences. Il en est une de taille qui, sans être le coin de la division entre nous, est source de profond désaccord : je veux parler de la question des transports, amplement débattue - mais pas ici - à l’occasion du débat public sur la VRAL. Cette question, il faut la resituer dans son contexte plus général du réchauffement climatique. Car le trafic routier, qui croît encore de 5% par an, constitue la première contribution aux émissions de CO². Une politique des transports ambitieuse et volontaire est aujourd’hui impérative.
Vous accorderez aux Verts qu’il ne s’agit pas là d’opportunisme, tant les écologistes ont fait et font preuve de constance en la matière.
Comme le développement durable en est l’horizon, la lutte contre les gaz à effet de serre doit être le cap de l’action publique régionale. C’est déjà le cas avec le très conséquent soutien aux énergies renouvelables -mais on peut aller plus loin en développant l’éolien- et ce devrait être aussi le cas en affirmant pour les années qui viennent la primauté du rail sur la route.
Nous nous félicitons de pouvoir voter ce budget par chapitre. Ceci nous permettra d’affirmer clairement nos positions : favorables sur l’essentiel de ce budget, mais plus que réservées quant aux transports.
Avant de passer la parole à Michel Lenthéric, qui vous fera part de notre point de vue à cet égard, je tiens à dénoncer au nom des Verts les propos navrants de Claude Allègre. Spécialiste des profondeurs terrestres, il se croit obligé de partir dans les nuages et d’élaborer des élucubrations sur l’atmosphère en contradiction avec 99% des climatologues, et les conclusions du Groupe d’Etude International sur le Climat (le GIEC), grâce auquel nul ne peut aujourd’hui contester la réalité du réchauffement planétaire et de son origine humaine. Ce discours plait, mais ceux qui risquent de payer cher -très cher- les erreurs d’appréciation des politiques d’aujourd’hui, ce sont nos enfants. Pas nous.
J’ai la lourde tache au nom de notre groupe de conclure sur ce budget 2007. Comme vient de le dire Marie Meunier-Polge, et comme nous vous l’avions signalé lors de notre intervention en DOB, ce budget présente une lacune majeure en matière d’investissement sur les transports.
Il n’est pas contestable de voir un chiffre de 200 M€ consacrés au TER (achat de nouveaux matériels, gares, billetterie,…), qui relève de la compétence première du Conseil régional et qui représente des avancées par rapport à la politique d’investissement médiocre menée par la droite.
Mais cela ne doit pas masquer que l’effort pour régénérer et moderniser la totalité des voies du réseau ferré régional s’élève au total à 285 M€, pour permettre justement au TER d’irriguer l’ensemble du territoire régional, représentant ainsi une véritable alternative à la route.
285 M€, c’est l’effort à faire, avec l’ensemble des partenaires concernés, jusqu’à la fin de notre mandat, soit 90 M€ par an. Or ce budget 2007 prévoit 20 M€ sur ce sujet. Une somme dérisoire au regard de l’enjeu que constitue les rejets de CO2 dus aux transports, qui contribuent pour 30% à l’effet de serre. C’est d’autant plus attristant que tous les experts internationaux sont d’accord sur la réalité du réchauffement climatique et alertent sur ses effets potentiellement dévastateurs.
Il y a urgence écologique : la région ne peut pas attendre et doit se donner les moyens d’agir. S’abriter derrière le désengagement de l’Etat pour ne pas investir sur la rénovation du réseau ferré est une position intenable, d’autant que la majorité régionale ici appelle de tous ses vœux un changement politique national qui nous mettrait en position de partenaires et non d’opposants politiques. Au regard des menaces qui pèsent sur notre planète, nous ne devrions pas entrer dans cette "guéguerre", en quelque sorte un peu criminelle pour les citoyens.
Nous mettons donc 20 M€ seulement là où il en faudrait 90 M€ et ce pendant 3 ans. Alors j’interpelle aujourd’hui le groupe communiste et son sympathique vice-Président Gayssot sur ce sujet dont ils ont la responsabilité, et sur lequel ils sont inaudibles. Il semble que le PC et le PS soient frappés d’amnésie car pendant la campagne des régionales, nous avions fait de la rénovation du réseau ferré régional un combat commun, avec un affichage emblématique au travers de la ligne Béziers - Neussargues. Le groupe communiste est plus enclin à des agitations sympathiques mais qui n’auront aucun effet sur le réchauffement de la planète.
A ce jour nous n’avons pas réussi à avoir un débat démocratique sur la politique des transports en Languedoc-Roussillon et c’est regrettable, car nous étions d’accord pour gérer ensemble cette Région sur la base d’une démocratie participative réelle, de fait et pas seulement d’intention. Nous demandons ici aujourd’hui l’organisation de ce débat dès le début de 2007.
Ce débat n’a pas eu lieu et certains signes ne vont à notre avis pas dans le bon sens : 46 M€ d’investissements programmés sur la route contre 20 M€ seulement aux voies ferrées, c’est en soi un renoncement politique à faire du rail une véritable alternative à la route.
Pourtant un certain homme politique ici, et non des moindres, a décidé à l’Agglo de Montpellier d’investir 1 Milliard d’€ pour les lignes 1 et 2 du tramway, montrant ainsi que quand la volonté politique existe, on trouve les financements, quand bien même l’Etat ne tiendrait pas ses engagements.
Cette absence de débat démocratique, cette insuffisance budgétaire sur la rénovation et la régénération des voies ferrées régionales, et ce défaut de volonté politique de faire du rail une alternative à la route, conduisent notre groupe à ne pas voter le chapitre Transport. Nous demandons la reprise des discussions sur ce sujet dès le début 2007 et notre groupe s’abstiendra sur le vote de ce chapitre.
Le groupe des VERTS