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Contre le nucléaire, pompe à finances publiques - Mars 2005

Le Visiatome, musée sur les déchets nucléaires, est opérationnel. Le groupe Verts dénonce la grande opération consistant à expliquer aux enfants à quel point tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes nucléaires, grâce à l’argent public : 2.477.500 euros de l’Europe, 350.000 du département du Gard, autant de la région et 1.777.500 du CEA lui-même, donc de l’Etat qui le finance en quasi totalité. Et comme le département et la région ont payé, un public de « scolaires captifs » va aller visiter ce musée.
Projet parfaitement inutile, chacun voit ce qui aurait pu être fait avec cet argent. La part régionale est scandaleuse, alors que les besoins sont immenses en septimanie. Les Verts se sont élevés contre la subvention régionale et ont tous voté contre, mais tous les autres partis, du FN au PC en passant par les non-inscrits ont approuvé.
Mais cela ne suffit pas à l’Establishment Nucléaire. Il se prépare à recevoir des sommes qui se compte en centaines de millions d’euros pour un projet de recherche, ITER, dont chacun s’accorde à dire qu’il débouchera dans un demi-siècle ou un siècle… s’il débouche un jour. Le nucléaire, qui reçoit déjà près de 80% de l’argent public destiné à la recherche dans le domaine de l’énergie, va encore augmenter sa part.
Dans cette débauche d’argent, pas un sous pour la santé. Des équipes de chercheurs du CEA, d’AREVA,… travaillent aujourd’hui en Biélorussie, le pays le plus touché par les retombées de Tchernobyl, comme des équipes américaines ont travaillé à Hiroshima après la bombe. Pas pour aider les personnes, mais pour tirer le maximum d’informations sur une tragédie à grande échelle. Pourquoi des centaines de milliers d’enfants qui consomment depuis leur naissance des produits radioactifs présentent-ils des troubles cardio-vasculaires de personnes âgées ? Il n’existe pas d’autre cas, à cette échelle dans le Monde, d’une contamination lente, insidieuse, permanente. On comprend que ce soit très intéressant à étudier au cas où, dans un autre pays…
Mais ces chercheurs travaillent dans un pays totalitaire où aucune liberté n’est permise, où Bandashevsky, l’ancien Recteur de l’Université de médecine de Gomel, un chercheur comme eux, est en prison depuis des années, comme au plus pur temps du stalinisme, pour avoir tenté de donner une réponse à la question précédente. Silence dans les rangs des chercheurs du CEA ou d’AREVA ! Nul n’a élevé la voix pour défendre un collègue en prison. Décidément, le nucléaire cohabite bien avec le totalitarisme !