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Fermeture du CRL : un mauvais coup porté à la culture - Oct. 2004

Déclaration du Collège Exécutif du 12 octobre 2004

En fermant de manière brutale le Centre Régional des Lettres de Languedoc-Roussillon, Georges Frêche a fait preuve d’un autoritarisme qui ne fait qu’ajouter au discrédit qui frappe la classe politique. Cette décision ne peut d’ailleurs que décevoir ceux qui attendent des nouveaux présidents de région une attention accrue aux besoins en matière d’animation culturelle et de vie associative.

La destruction d’un tel outil culturel n’était pas inscrite dans le compromis programmatique passé avec les Verts Languedoc-Roussillon lors de la constitution d’une nouvelle majorité régionale. L’action du Centre, reconnue internationalement et soutenue par près de 2000 intellectuels à travers le pays, avait même été saluée comme exemplaire durant la campagne électorale.

Alors que le gouvernement de droite coupe de manière drastique dans les budgets alloués aux associations, à la culture, c’est un conseil régional dirigé par le Parti socialiste qui supprime une structure qui assurait depuis 1985 avec succès la promotion des livres et de la lecture, et a servi le rayonnement d’une région où travaillent 200 éditeurs et près de 600 auteurs.

Que reproche-t-on au juste au CRL ? D’avoir fréquenté les anciens dirigeants de la région, élus avec les voix de l’extrême-droite. Le président fraîchement élu de Languedoc-Roussillon n’hésite pas à accuser les responsables du CRL de « déviance morale », les comparant aux écrivains qui ont sous l’occupation collaboré avec les Nazis : « La qualité littéraire ne saurait en aucun cas suppléer la déviance morale », déclarait Georges Frêche au Midi Libre en juin dernier. « En 1945, Drieu La Rochelle, Brasillach et Céline méritaient d’être fusillés. Alors, ma réponse à moi, c’est feu sur Drieu La Rochelle ».

En usant de ces références douteuses à l’époque sombre de la Collaboration, le Président de Région a licencié et traîné publiquement dans la boue une équipe qui, en maintenant le cap d’une politique exigeante, avait au contraire contribué à résister aux visées réactionnaires du Front National, alors allié de l’ancien président de la Région, l’UMP Jacques Blanc.

A peine élu, Georges Frêche lance la chasse aux sorcières et emploie les méthodes de ceux qu’il prétendait combattre ! Ce que veut le président mégalomane de la « Septimanie » ce sont des artistes aux ordres…

Les Verts dénoncent ainsi les velléités de toute-puissance du Président de la région Languedoc-Roussillon et le non-respect des accords passés avec les Verts pour une politique régionale commune.

Déclaration du Collège exécutif du 12 octobre 2004

 

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