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NUCLÉAIRE : Opacité, Impunité, Dangerosité (CR 25 juillet 2008)

Monsieur le Président, en tant que Présidente du Groupe Les écologistes, je souhaiterais intervenir au sujet des incidents nucléaire récents survenus sur les sites du Tricastin et de Romans-sur-Isère.

Nous dénonçons fermement le manque de transparence d’AREVA mais aussi de l’Etat après ces graves incidents. Les lacunes profondes de la loi « sur la transparence nucléaire », ses décrets d’application toujours pas promulgués, mettent au grand jour l’obstination étatique à développer la filière nucléaire coûte que coûte. Depuis de nombreuses années la France s’est engagée dans une politique de développement du nucléaire sans en mesurer le danger et les catastrophes inévitables. Six centrales nucléaires envahissent la vallée du Rhône : c’est beaucoup.

Aujourd’hui une Autorité administrative, dont l’indépendance vis à vis du pouvoir politique est questionnable, est sensée « contrôler la sûreté nucléaire et la radioprotection en France, pour protéger les travailleurs, les patients, le public et l’environnement des risques liés aux activités nucléaires et de contribuer à l’information des citoyens ». Que de jolis principes pour un organisme si dépendant des acteurs du nucléaire et dont l’impartialité peut être remise en cause. L’ASN n’a pas rempli sa mission en laissant se poursuivre l’exploitation sur le site du Tricatin alors que NOUS CONNAISSIONS ses dysfonctionnements majeurs.

Revenons-en aux faits. L’incident qui s’est produit lundi 7 juillet n’a été signalé à l’Autorité de Sûreté Nucléaire que plus de huit heures après, le mardi matin. Les communes concernées n’ont été prévenues que le mardi en milieu de journée, soit 12 heures après. Le rejet d’effluents radioactifs d’une cuve de l’usine Socatri aura probablement contaminé de nombreux écosystèmes, des populations, les nappes phréatiques… On apprend à présent qu’une centaine d’employés de la centrale nucléaire du Tricastin ont été contaminés mercredi par des radio-éléments qui se sont échappés d’un tuyau dans le bâtiment d’enceinte du réacteur numéro 4. Ceci est inadmissible !

Réagissons aujourd’hui avant qu’il ne soit trop tard. Il en va de notre responsabilité vis à vis des générations futures et de l’avenir de notre planète. Il faut désormais :

  • Créer un institut de contrôle parfaitement indépendant du pouvoir politique.
  • Contrôler plus étroitement et efficacement les sites nucléaires implantés sur le territoire, sanctionner fermement les manquements aux exigences de sécurité.
  • Freiner l’expansion irraisonnée et irresponsable du nucléaire chère à Nicolas Sarkozy et AREVA, au profit évidemment des énergies renouvelables.

L’énergie nucléaire n’est pas une énergie propre comme on continue à le faire croire aux populations. Il est temps de prendre conscience de ce danger imminent et de la nécessité de se tourner vers de vraies énergies propres. Cette question a été volontairement écartée lors du Grenelle de l’environnement. Organisons dès aujourd’hui un grand débat public sur la sortie du nucléaire.

Intervention de Marie Meunier-Polge