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Position du Groupe Verts sur le Budget Primitif 2008 - 20 déc. 2007
Le quatrième Budget de notre majorité témoigne d’une montée en puissance vers des réalisations pour lesquelles nous avons été élus. Il signe une politique qui tient ses engagements envers ses électeurs. Il a presque doublé (+ 94%) depuis le dernier budget J. Blanc et 70% de cette augmentation résultent de nouvelles politiques.
D’ABORD UN COMMENTAIRE SUR L’ECONOMIE GENERALE DE CE BUDGET
Les dépenses s’élèvent à 1 077 M€, dont 497 M€ (+17%) en investissement et 580 M€ (+ 8%) en fonctionnement, et sont en progression de 12% par rapport au BP de 2007.
Un BP ambitieux donc. Pourtant la région doit gérer ses dépenses avec 35 M€ manquant, dus aux absences de transferts de charge de l’Etat : vous l’avez compris, l’Etat ne tient pas ses promesses, n’assume pas ce que les lois de décentralisation lui ordonne de faire. La fraction de TIPP, abandonnée par l’Etat aux régions, en lieu et place des budgets afférents aux nouvelles charges, est loin de combler les déficits de transfert de l’Etat. Le problème est grave car le différentiel atteignait 2M€ en 2006, 17 M€ en 2006, avoisinera donc les 35 M€ en 2008 et se creusera dans les années à venir. Une véritable mécanique infernale.
Mais comme elle a su le faire depuis plus de 3 ans, la majorité continue, avec ce BP, à relever les défis et à respecter l’essentiel de ses engagements de campagne, à savoir l’égalité des chances et des territoires.
SUR LES COMPETENCES PRINCIPALES
En matière de formation professionnelle, ce budget traduit avant tout la poursuite d’une politique volontariste, avec un dispositif régional remis en ordre de marche et des enveloppes budgétaires conséquentes, qui représentent 18% du total des CP et 25% du total des AP/AE.
Je soulignerai cependant ici 2 actions qui, en tant que Verts, nous paraissent exemplaires. Il s’agit d’abord du programme de sensibilisation au Développement Durable, qui concerne l’ensemble des stagiaires du programme API. Effective en mars 2007, cette opération est parvenue à toucher près de 80% d’entre eux. De même, la région a installé 4 plates-formes d’installation de chauffe-eau solaire pour les artisans, salariés, apprentis et lycéens, pour éviter les contre performances dans ce domaine.
L’égalité des chances et des territoires, c’est aussi les lycées, dont le programme, ambitieux, se poursuit et trouve son financement. Ainsi les CP ont-ils été multipliés par 6 pour les lycées neufs et par plus de 2,5 pour la réhabilitation du patrimoine existant.
La région persiste aussi dans sa volonté de donner une seconde chance à tous ceux qui le souhaitent. L’année dernière une école a été ouverte dans l’Hérault ; cette année deux nouvelles l’ont été, dans l’Aude et le Gard (qui ouvrira en fait en janvier) ; et en 2008 les PO et la Lozère auront la leur.
Enfin soulignons que dans la convention qui vient d’être signée avec les universités, nous finançons le DAEU , qui permet l’accès à l’université sans baccalauréat.
Avec les Transports, nous entrons dans la zone qui ne fait plus du tout consensus. Au delà de la stratégie aéroportuaire qui, vous le savez, suscite notre totale désapprobation, nous constatons surtout avec grand regret qu’en matière ferroviaire, le total des AP chute de 111 à 19 M€ ! L’explication principale tient à ce que l’effort fait l’an dernier pour le tram de Montpellier (50 M€), lequel suivait déjà une autre subvention de 46 M€, n’a pas été reconduit, a fortiori sur des projets d’ampleur régionale. De même faut-il déplorer la baisse de 83,1% des financements de modernisation du réseau ! Il y a pourtant beaucoup à faire et nos concitoyens, toujours mieux au fait de l’urgence écologique, pourraient un jour légitimement s’interroger sur l’inertie régionale en matière ferroviaire… Sur le sujet des transports, certes nous nous féliciterons de la compétence prise en matière portuaire. Nos nous féliciterons aussi que la part consacrée aux réseaux routiers régional et national continue de décroître, respectivement de 47,2% et 16,7%. Mais les routes consomment encore un peu plus de 28 M€ de ce BP. Ce n’est pas rien et par définition, cet argent ne sera pas « mis ailleurs », en particulier dans les infrastructures ferroviaires Or le développement durable passe nécessairement par une vraie politique alternative des transports. En dépit de la Stratégie tarifaire Kartatoo que nous applaudissons des 2 mains, le budget dédié au ferroviaire n’est pas à la hauteur des enjeux.
QU’EN EST-IL DES POLITIQUES « VERTES » ?
Au delà de ces réelles divergences, ce Budget primitif , à l’examiner de plus près, a un vrai mérite : il continue d’affirmer l’environnement comme une priorité majeure, qui voit son budget augmenté de 28% en CP. La région, classée en « pionnière de l’écologie » par un magazine national, dispose d’un extraordinaire patrimoine naturel avec, rappelons-le, 70 % des espèces et 47% des habitats « prioritaires » recensés sur tout le territoire français. Ce patrimoine, la région le préserve encore, et le fait fructifier, en augmentant son effort de + 7% AE/AP et +31,8% en CP . On en profitera pour souligner ici la poursuite de l’effort de prévention des inondations et de protection du littoral, dont on mesure de plus en plus toute l’importance
Mais la préservation de l’environnement aujourd’hui passe à l’évidence par la lutte contre le réchauffement climatique, à travers la lutte contre les GES qui voit ses CP augmenter de 16,6%, et le développement des énergies renouvelables, avec + 62% en CP. Mais cette augmentation, malgré son importance, risque de n’être pas suffisante au vu des AP déjà votées dans la politique de l’énergie les deux années précédentes. D’ailleurs le décalage fort entre les AP environnement (33 M€) et les CP (19 M€) en témoigne.
Autre point fondamental que nous voulons souligner : le développement de l’Agriculture bio, Le soutien apporté par la Région est encore et toujours insuffisant. Le succès de l’aide à la certification révèle l’éparpillement et la petite taille des exploitations. Il faut monter en puissance beaucoup plus rapidement et changer d’échelle. Pour parvenir en particulier à approvisionner les cantines scolaires - avec un objectif réaliste d’un repas mensuel/ lycéen demi-pensionnaire - la filière doit se structurer et proposer une offre conséquente, régulière, fiable. Ce qui passe par la création et le développement de plates-formes de commercialisation, approvisionnées avec des produits locaux (car les produits bio qui ont fait 1000 km n’ont pas d’intérêt… !). Le compte n’y est pas dans ce domaine, pour atteindre de tels objectifs.
J’en terminerai par un mot sur l’Economie Sociale et Solidaire. Pour nous les Verts, l’ESS est à l’économie marchande classique ce que l’agriculture bio est à l’agriculture industrielle, à savoir un modèle vertueux, exemplaire du développement durable. L’ESS a su se faire reconnaître et a bénéficié d’une évolution positive. Elle voit à juste titre son budget encore progresser de 4% en AP et de 19% en CP. Dans certains secteurs, comme les services à la personne, elle est une réponse probante au chômage régional. Elle sait être aussi un secteur d’innovation, avec bientôt la naissance d’un incubateur de SCIC et d’une pépinière de SCOP, ou encore l’ouverture de la 1ère Ecole, en France, de l’entreprenariat en ES.
EN GUISE EN CONCLUSION … une question se pose à nous : LA REGION LANGUEDOC ROUSSILLON MENE-T-ELLE AU FOND UNE POLITIQUE DE DEVELOPPEMENT DURABLE ?
Mener une telle politique, c’est CONCILIER - j’insiste sur ce verbe - l’économie (c’est à dire l’emploi, les revenus, la création de richesses, …) ET le social (santé, éducation, parité, logement…), ET l’environnement (biodiversité, ressources naturelles, paysages, …) ET la démocratie participative.
C’est aller vers le « mieux être » et non pas le « toujours plus », pour transmettre une planète vivante et vivable à nos enfants.
C’est notre approche du monde qu’il faut modifier, et la mise en œuvre de l’ « Agenda 21 » régional et institutionnel, à l’instar de la démarche suivie depuis plusieurs mois déjà par certains « Lycées 21 », peut y concourir.
Il reste beaucoup à faire et il reste aussi de vraies divergences à réduire.
Mais nous reconnaissons que nous suivons le bon chemin, même s’il nous paraît encore long, vers un développement durable.
C’est pourquoi nous voterons pour ce Budget.
Marie MEUNIER POLGE Présidente du groupe Verts CRLR