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Quelques éléments repères - 1er décembre 2005
1. En matière de politique en général
Gagner une région après 18 années de règne de la droite soutenue par le Front national nécessite un temps de reprise en main du système. Ce temps est maintenant derrière nous, même si ce fut parfois difficile à assumer. La politique générale mise en œuvre est clairement dessinée et nous l’approuvons dans les grandes lignes :
- Renforcement des politiques dans les compétences propres de la région (lycées et apprentissage, formation professionnelle continue, TER) avec une réorientation plus sociale (gratuité des livres, diversité des abonnements TER dont celui pour les plus défavorisés)
- Mise en place de nouvelles politiques dans certains secteurs essentiels pour la région soit pour des raisons d’équité sociale (logements sociaux, insertion, école de la seconde chance), soit pour aider au développement économique (schéma de développement économique, office foncier, économie sociale et solidaire, énergies renouvelables).
Nous resterons attentifs à tout ce qui peut émerger comme politique nouvelle, tel le "musée de la présence française en Algérie", sur lequel nous avons dit notre désaccord avec la vision développée par le Président, lors du Conseil Régional du 30 novembre dernier.
Cependant, nous regrettons vraiment des actions lancées sans concertation suffisante, comme la Septimanie ou le changement de noms des lycées. La première a échoué et la concertation a finalement eu lieu pour les seconds, mais elle a laissé des traces dans certains lycées où des noms ont été imposés. Tout ceci donne inutilement des armes à nos adversaires qui critiquent assez peu les politiques de fond mises en œuvre. Et ce sont souvent ceux qui ont voté pour nous qui nous font part de leur désappointement, voire de leur désenchantement.
Enfin, les phrases assassines et les anathèmes distribués en permanence à la société civile, aux élus, à l’Etat, ne nous paraissent pas grandir la politique. Elles la réduisent aux émissions de télévisions à la mode, ou aux matches de catch, mais à la fin, elles détournent les citoyens de la politique.
Les Verts ont pour objectif de faire bouger les politiques publiques dans le sens de leurs idées. C’est donc sur ce terrain que nous jugerons, que nos militants jugeront, que nos électeurs jugeront si l’accord passé a été fructueux, d’où l’importance de certains thèmes particulièrement portés par les Verts.
2. En matière de politiques thématiques
Sur l’environnement. Le programme PROMETHEE, et surtout le Fonds régional d’investissement sur les énergies renouvelables, sont des éléments très positifs. Nous devons rester très attentifs aux espaces naturels (montée en puissance des réserves naturelles régionales) dont la totalité des ressources a été doublée en 2005 lors de la décision modificative, puis a été utilisée pour le zoo de Montpellier ( !). Il en est de même sur l’Agenda 21, qui n’a pas encore démarré et qui est un élément essentiel pour une mise en œuvre du développement durable dans la région.
Sur les ports et la pêche : le contrat de lagune de Thau a été signé, de même que le contrat d’étang de Bages. Des aides ont été attribuées aux pêcheurs pour réduire leur consommation de fuel (double bénéfice social et environnemental). Enfin des efforts sont faits en direction du « merroutage » et la Région s’y investira d’autant plus qu’elle compte prendre la compétence des ports de Sète et Port-la-nouvelle.
Sur l’économie sociale et solidaire : tout est nouveau à la région et ce secteur est progressivement reconnu comme un pan à part entière de l’économie. Parmi les éléments significatifs, citons la création d’une [1], le soutien et surtout le travail en commun avec l’AIRDIE, le renforcement de l’ensemble des réseaux (SCOP, Union Régionale des Entreprises d’Insertion, couveuses, coopératives d’activité et d’emploi, … ) ; enfin le café de la région est devenu équitable.
Sur la formation professionnelle :au-delà de la remise en ordre du secteur et des politiques classiques profondément rénovées (rémunération des stagiaires), des éléments innovants comme la mise en place d’une aide individuelle au projet professionnel, la création d’un dispositif d’expérimentation pédagogique, la prise en compte des zones rurales par des soutiens adaptés et la territorialisation des appels d’offre et du PRDF dans une optique d’aménagement du territoire, une sensibilisation au développement durable.
De façon plus générale, nous resterons attentifs à la notion d’aménagement du territoire car notre région reçoit chaque année près de 30.000 nouveaux arrivants avec une tendance naturelle à se concentrer autour de Montpellier, dans l’Hérault pour plus de la moitié, et sur la bande littorale pour le reste. Il faut donc une politique volontariste (transports en commun, couverture numérique, … ) pour permettre à ces nouveaux arrivants de s’installer un peu plus loin de la mer.
Pour les transports, au-delà de l’amélioration indispensable du matériel, se pose l’état des rails. L’argent mis sur les rails ne peut se réduire à la ligne TGV et au tram de Montpellier, alors que certaines lignes sont laissées à l’abandon (mais nous savons qu’avec Jacques Blanc, le contrat de plan Etat-Région avait prévu plus de 90% de l’argent sur la route. C’est donc bien sur le prochain contrat, s’il existe, que devra se faire le rééquilibrage)
3. En matière de fonctionnement général de la région
Comme partout, de l’Etat à la moindre collectivité territoriale, les élus doivent se battre pour que l’administration fasse seulement son travail et pas celui des élus. La situation à la région a été historiquement déséquilibrée par l’absence du politique, durant la maladie du Président. Elle se rééquilibre difficilement.
Un détail, mais significatif : les élus n’ont pas accès à l’intranet de la région, leurs secrétaires non plus, pas même en partie ; les Vice Présidents n’ont pas accès à Internet et ils n’ont pas d’adresse mail en tant qu’élus au Conseil régional.
La Région a tendance à être gérée comme une ville et non comme une région :
- Dans une ville, le Maire décide et les choses se font, si l’argent est disponible
- Dans une Région, la quasi-totalité des compétences sont partagées et c’est dans la négociation, dans l’impulsion, dans la concertation que les choses avancent le plus.
Notes
[1] SCIC